Froid, Pluie, Froid, Radiateur, Plaid, Roman, Platines :
Ella Fitzgerald : Basin' Street Blues
Junie Ranks : Big and Ready
Half Pint : Putchulu...
mercredi 21 novembre 2007
L'après-midi au Cinéma
Ca a l'air facile comme ça. On prend une fille désoeuvrée un mardi après-midi, un centre commercial, un film français. Je me dis sans lire les critiques qu'il faut quand même que j'aille donner un coup d'oeil et une chance à un film hexagonal, en l'occurence La Chambre des morts, avec cette actrice que j'aime bien, trouble et fragile et glauque et dont le nom m'échappe, bravo la concision.
Mais en fait, en réalité, ce n'est pas du film que j'ai envie de parler, des experts analystes le feront mieux que moi et puis ça me gonfle. Non, ce dont j'ai envie de tartiner les pages de ce blog, c'est du sang frais et inutile des trois gourdes de terminale assises devant moi, trois rangées devant, exactement.
(Je vais préciser que je plaisante, au cas où...)
Pauvre film. Il n'a pas eu sa chance, finalement. Le cinéma, il était trois rangs devant moi avant même la diffusion de ces bandes annonces qui n'intéressent personne (enfin ça, c'est ce que je voudrais croire).
Plongée dans Le Grand Mort de Loisel que je viens d'acheter, je n'emmène pas exprès mes bd au ciné, j'entends vaguement un brouhaha hystérique qui se déplace d'avant en arrière le long des rangées de de fauteuils, un vol de palourdes s'abbatant avec la grâce d'un groupe de moutons égarés sur les fauteuils à trois mètres devant moi (à vol d'oiseau). Fascinée, je lâche ma bd (qui de toute façon n'est pas super passionnante) et me livre à un exercice d'ethnologie comportementale des plus jouissifs, qui a duré deux heures, et dont j'ai pu tirer les remarques suivantes :
1 Les gourdes de terminale se trimballent en groupe à franges et sac à main (où ont-elles bien pu fourrer leur cartab...pardon, leur sac Eastp*** ??)
2 Les palourdes de terminale tortillent et tournent autour de leur siège avant de s'installer en faisant des mines pour bien vérifier qu'il n'y a pas un truc caché dans les coussins (je ne saurais dire quoi).
3 Les filles de terminale (enfin j'en ai déduit ça au manque de vocabulaire, au terme "sécher les cours" et aux rires tirant vers l'aigu dès qu'on aperçoit un bout de peau) annoncent à toute la salle qu'elles ont envie de faire pipi dès que les ampoules se sont éteintes et dérangent toute la rangée pour aller aux toilettes à grand renfort de ''putain j'y vois rien!"
4 Les filles de terminale expliquent aux autres spectateurs la signification profonde des séquences à l'écran : "elle est dans le coma" "pf mais non c'est pas possible" "mais jte jure c'est un coma ça elle est toute blanche et on dirait qu'elle est morte" "mais t'est trop cooonne quelqu'un dans le coma il peut pas respirer tout seul!" ;
ou alors, elles doublent les dialogues (peut-être qu'elles n'avaient pas remarqué que, eh oui hélas, le film était en langue naturelle française) : "Vas-y baise moi ! " (sic) ; s'adressent aux personnages : "mais tu vois pas qu'elle a trop envie que tu la fourres!" (resic) et j'en passe ;
ou alors, se croient en cours de dissection de grenouilles dès qu'il y a un plan un peu gore (en l'occurence, un épluchage et une dissection de singe mandarin, mais je pense que ça leur ferait le même effet que si l'anatomiste avait fouetté un chat...)... et hurlent que c'est dégueulasse. Ben oui, c'est dégueulasse, c'est fait exeuprès, merci.
Ou encore, elles pensent gagner leur partie de Cluedo géant, quand à l'aide de leurs organes vocaux hypertrophiés - je ne pousserai pas la méchanceté jusqu'à supposer qu'elles s'entraînent TOUTES pour la Star'Ac - elles s'écrient comme saisies d'une évidence "mais c'est sa soeur !!" ...
A croire qu'on vient au cinéma non pas pour voir un film (ce qui suppose un minimum d'usage des sens genre ouïe et vue) mais pour avoir des sujets de discussion parafilmiques pendant le film, reléguant la catharsis à une vulgaire affaire de cons qui ont vraiment envie de.. suivre... de toute façon la sémiologie, les signes, c'est tout des trucs trop old fashioned, ça sert à rien. Le film il est bien ou il est pas bien, point.
Conclusion :
- les filles de terminale sont dégoûtées de la télé, elles préfèrent aller la voir entre copines et un peu plus à l'aise, dans le noir, c'est plus fun, ça fait crier,
- les filles font peur dans le noir avec leurs ongles aigus et leurs rires vernis de groupe,
- les filles qui n'ont rien à foutre de leurs journées que d'aller dans des centres commerciaux pour voir des films français "qui puent" feraient bien par commencer à chercher du travail, au lieu d'écrire des commentaires rassis après l'avoir bouclé pendant deux heures.
Non ?
Allez hop, je m'y mets : je vais peut-être essayer projectionniste.
Mais en fait, en réalité, ce n'est pas du film que j'ai envie de parler, des experts analystes le feront mieux que moi et puis ça me gonfle. Non, ce dont j'ai envie de tartiner les pages de ce blog, c'est du sang frais et inutile des trois gourdes de terminale assises devant moi, trois rangées devant, exactement.
(Je vais préciser que je plaisante, au cas où...)
Pauvre film. Il n'a pas eu sa chance, finalement. Le cinéma, il était trois rangs devant moi avant même la diffusion de ces bandes annonces qui n'intéressent personne (enfin ça, c'est ce que je voudrais croire).
Plongée dans Le Grand Mort de Loisel que je viens d'acheter, je n'emmène pas exprès mes bd au ciné, j'entends vaguement un brouhaha hystérique qui se déplace d'avant en arrière le long des rangées de de fauteuils, un vol de palourdes s'abbatant avec la grâce d'un groupe de moutons égarés sur les fauteuils à trois mètres devant moi (à vol d'oiseau). Fascinée, je lâche ma bd (qui de toute façon n'est pas super passionnante) et me livre à un exercice d'ethnologie comportementale des plus jouissifs, qui a duré deux heures, et dont j'ai pu tirer les remarques suivantes :
1 Les gourdes de terminale se trimballent en groupe à franges et sac à main (où ont-elles bien pu fourrer leur cartab...pardon, leur sac Eastp*** ??)
2 Les palourdes de terminale tortillent et tournent autour de leur siège avant de s'installer en faisant des mines pour bien vérifier qu'il n'y a pas un truc caché dans les coussins (je ne saurais dire quoi).
3 Les filles de terminale (enfin j'en ai déduit ça au manque de vocabulaire, au terme "sécher les cours" et aux rires tirant vers l'aigu dès qu'on aperçoit un bout de peau) annoncent à toute la salle qu'elles ont envie de faire pipi dès que les ampoules se sont éteintes et dérangent toute la rangée pour aller aux toilettes à grand renfort de ''putain j'y vois rien!"
4 Les filles de terminale expliquent aux autres spectateurs la signification profonde des séquences à l'écran : "elle est dans le coma" "pf mais non c'est pas possible" "mais jte jure c'est un coma ça elle est toute blanche et on dirait qu'elle est morte" "mais t'est trop cooonne quelqu'un dans le coma il peut pas respirer tout seul!" ;
ou alors, elles doublent les dialogues (peut-être qu'elles n'avaient pas remarqué que, eh oui hélas, le film était en langue naturelle française) : "Vas-y baise moi ! " (sic) ; s'adressent aux personnages : "mais tu vois pas qu'elle a trop envie que tu la fourres!" (resic) et j'en passe ;
ou alors, se croient en cours de dissection de grenouilles dès qu'il y a un plan un peu gore (en l'occurence, un épluchage et une dissection de singe mandarin, mais je pense que ça leur ferait le même effet que si l'anatomiste avait fouetté un chat...)... et hurlent que c'est dégueulasse. Ben oui, c'est dégueulasse, c'est fait exeuprès, merci.
Ou encore, elles pensent gagner leur partie de Cluedo géant, quand à l'aide de leurs organes vocaux hypertrophiés - je ne pousserai pas la méchanceté jusqu'à supposer qu'elles s'entraînent TOUTES pour la Star'Ac - elles s'écrient comme saisies d'une évidence "mais c'est sa soeur !!" ...
A croire qu'on vient au cinéma non pas pour voir un film (ce qui suppose un minimum d'usage des sens genre ouïe et vue) mais pour avoir des sujets de discussion parafilmiques pendant le film, reléguant la catharsis à une vulgaire affaire de cons qui ont vraiment envie de.. suivre... de toute façon la sémiologie, les signes, c'est tout des trucs trop old fashioned, ça sert à rien. Le film il est bien ou il est pas bien, point.
Conclusion :
- les filles de terminale sont dégoûtées de la télé, elles préfèrent aller la voir entre copines et un peu plus à l'aise, dans le noir, c'est plus fun, ça fait crier,
- les filles font peur dans le noir avec leurs ongles aigus et leurs rires vernis de groupe,
- les filles qui n'ont rien à foutre de leurs journées que d'aller dans des centres commerciaux pour voir des films français "qui puent" feraient bien par commencer à chercher du travail, au lieu d'écrire des commentaires rassis après l'avoir bouclé pendant deux heures.
Non ?
Allez hop, je m'y mets : je vais peut-être essayer projectionniste.
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